Mayotte Addict

L’objectif de la Fondation OLEMI est de prévenir, informer et sensibiliser les jeunes au plus tôt sur les risques des conduites addictives tout en favorisant l’échange, la communication, l’affirmation et l’amélioration du climat scolaire. L’idée serait d’intervenir en priorité dans les quartiers classés QPV où les jeunes ont davantage de risques d’être en contact avec certaines substances.

Notre projet s’inspire du projet du programme national Unplugged, programme de prévention des conduites addictives en milieu scolaire, qui a déjà porté ses fruits dans plusieurs régions de France métropolitaine, mais adapté aux spécificités et à la population de Mayotte.

Notre plateforme interactive sera à destination des élèves du collège, de la 6e à la 3e, afin d’agir au plus tôt auprès des jeunes dans un but de prévention.

Elle se décomposera en 6 séances interactives d’1h chacune, à raison d’une séance par semaine. Chaque séance s’articulera autour d’une partie théorique et d’une partie pratique organisée de jeux, mises en situation ou débats.

Contenu de la plateforme :

  • Séance 1 : Introduction sur les addictions à Mayotte
  • Séance 2 : La consommation d’alcool chez les jeunes à Mayotte
  • Séance 3 : Le tabac et le cannabis chez les jeunes à Mayotte
  • Séance 4 : La consommation de chimik à Mayotte
  • Séance 5 : Les écrans chez les jeunes à Mayotte
  • Séance 6 : Le sucre, une autre forme d’addiction

Séance 1 : Introduction sur les addictions à Mayotte

Définition de l’addiction​

L’addiction, connue sous le nom de dépendance, se réfère à un état caractérisé par l’incapacité à contrôler ou à cesser une activité spécifique, malgré les conséquences négatives qui en découlent. Il s’agit d’un comportement compulsif et répétitif qui entraîne une dépendance physiologique et/ou psychologique. L’addiction peut se développer envers des substances telles que l’alcool, les drogues, le tabac, ainsi que des activités comportementales comme le jeu, le jeu vidéo, le travail, la pornographie, etc.​

L’addiction est généralement caractérisée par des signes tels que le besoin constant de l’activité ou de la substance, la tolérance accrue (nécessité d’une dose plus importante pour obtenir le même effet), le retrait (symptômes physiques et émotionnels désagréables lorsqu’on essaie d’arrêter) et la détérioration du fonctionnement social, professionnel et personnel.​

Il convient de noter que l’addiction est considérée comme une maladie complexe qui implique des facteurs biologiques, psychologiques et environnementaux. Elle peut avoir des conséquences graves sur la santé physique, mentale et émotionnelle, ainsi que sur les relations interpersonnelles et la qualité de vie globale de la personne affectée.​

Qu’en est-il à Mayotte ?

A Mayotte, la consommation de l’alcool, du tabac et du cannabis est nettement moins fréquente qu’ailleurs en France. La consommation d’alcool à Mayotte est bien moins répandue que dans l’Hexagone : seuls 26 % des 18-69 ans interrogés à Mayotte avaient déjà bu de l’alcool dans leur vie. L’étude précise qu’en comparaison, « cette proportion approche les 95 % en métropole ». Une grande partie des consommateurs d’alcool ne buvaient qu’occasionnellement : 33 % des hommes consommateurs et 60 % des femmes consommatrices ne buvaient de l’alcool qu’une fois par mois ou moins.​

10% des personnes interrogées à Mayotte fumaient quotidiennement en 2019. C’est plus de deux fois moins que dans l’Hexagone (24%). Ce chiffre grimpe à 19% pour les hommes et chute à 2% pour les femmes. « La très large majorité des 15-69 ans n’avait jamais fumé, ou juste pour essayer », précise l’enquête. Si 18 % des lycéens de l’Hexagone déclaraient fumer quotidiennement en 2018, à Mayotte, en 2019, ils n’étaient que 4%. Chez les mineurs, seuls 3% ont déclaré avoir déjà essayé le cannabis. Ces chiffres sont bien inférieurs à ceux observés dans les autres DROM et dans l’Hexagone, où 45% des adultes et 33% des mineurs ont déjà consommé du cannabis.

Pourquoi une telle différence ?​

Que l’on parle de tabac, d’alcool ou de cannabis, « la part de consommateurs est nettement supérieure parmi les adultes nés en métropole ». Le premier élément explicatif est culturel. La religion musulmane est très présente à Mayotte, et les interdits religieux sont probablement un facteur important pour éclairer les différences entre la consommation de substances à Mayotte et dans le reste de la France. Le poids de la religion est double : non seulement les pratiquants fument et boivent moins, mais on peut aussi supposer que parmi ceux qui consommeraient de l’alcool, du tabac et du cannabis, certains n’oseraient pas le déclarer aux enquêteurs. Les auteurs de l’étude soulignent aussi la question du pouvoir d’achat, plus faible en moyenne à Mayotte, alors que les prix des produits sont, eux, plus élevés sur l’île. ​

Le dernier élément explicatif concerne la méthodologie de l’enquête. Les mineurs interrogés l’ont été en présence d’un parent ou d’un représentant légal. Puisqu’ils n’étaient pas seuls avec les enquêteurs, ils ont peut-être menti sur leur consommation pour éviter des représailles. Les rédacteurs de l’étude notent aussi qu’ils n’ont pas réussi à couvrir l’ensemble de la population, notamment « certaines populations très vulnérables telles que les personnes vivant dans une grande précarité, dans des zones d’accès difficile, les sans-domicile, etc. » Un manque susceptible d’influencer les résultats, puisque « ces populations pourraient avoir des comportements plus à risque ».

En effet, sachant qu’un grand nombre d’enfants grandit dans une précarité importante : violences, liens familiaux fragiles, précarité financière, trop peu d’écoles et de formations, manque d’activités… « Délinquants », « drogués », « bandes »…, cette jeunesse est fréquemment associée aux comportements déviants. A Mayotte, la jeunesse, isolée, inactive, en rupture, est en risque de développer des comportements addictifs. 

Temps d’échange et de réflexion​

Les temps d’échange et de réflexion sont des temps dédiés au travail en groupe, à l’échange, et ayant pour but, à travers des exercices pratiques, de faire réfléchir les jeunes sur la thématique abordée précédemment. ​

Si vous êtes avec un groupe de plusieurs jeunes, constituez des binômes et faites les présentations croisées avec:​

  • Nom et prénom​
  • Âge​
  • Classe​
  • Vous sentez-vous concerné par une addiction en particulier? Si oui, laquelle? Si non, quelle addiction vous pose le plus question et vous intéresse le plus? 

Séance 2 : La consommation d’alcool chez les jeunes à Mayotte

Les causes de l’abus d’alcool des jeunes​

Les facteurs favorisant une consommation d’alcool abusive chez les jeunes sont :​

  • Recherche de sensations fortes et volonté de repousser ses propres limites. Cette quête d’excitation et de nouveauté peut amener les individus à prendre des risques et à adopter des comportements à risque liés à la consommation d’alcool.​
  • Pression sociale : les individus peuvent se sentir intégrés par leur environnement social, notamment par leurs paires, et ressentent le besoin de se conformer aux normes du groupe. L’alcool peut alors devenir un moyen de s’intégrer dans un cercle social spécifique.​
  • Lutte contre un mal-être lié à l’école, à la famille ou aux amis. La consommation d’alcool peut également être perçue comme une stratégie pour faire face à un mal-être. Les difficultés scolaires, les problèmes familiaux ou les relations tendues avec les amis peuvent entraîner certains individus à se tourner vers l’alcool comme une échappatoire ou un moyen de soulager leurs tensions émotionnelles.​
  • Sentiments internes poussant à la consommation : anxiété, tristesse, charge mentale, joie, euphorie, ennui… ​

Il est essentiel d’examiner ces différents facteurs dans le contexte spécifique du jeune afin de comprendre les motivations et les influences qui poussent ces jeunes à une consommation abusive d’alcool. En identifiant ces facteurs, des mesures de prévention et d’intervention ciblées peuvent être développées pour promouvoir des comportements sains et réduire les risques associés à la consommation d’alcool chez les jeunes.​

Les alcools les plus consommés à Mayotte​

À Mayotte, les alcools les plus consommés peuvent inclure :​

  1. Le « Trembo vuruga », ou alcool de palme, est un alcool local extrait du palmier ou du cocotier et obtenu par fermentation. Il est également très consommé par les jeunes et la population locale, et surtout facilement accessible sur les bords de route. ​
  2. Bière : La bière est généralement l’une des boissons alcoolisées les plus populaires et couramment consommées à Mayotte, comme dans de nombreuses autres régions.​
  3. Vin : Le vin, qu’il soit rouge, blanc ou rosé, est également apprécié par de nombreuses personnes à Mayotte.​
  4. Rhum : Le rhum est une boisson alcoolisée populaire dans de nombreux pays, y compris à Mayotte. Il est souvent consommé pur, mélangé à des boissons non alcoolisées ou utilisé dans des cocktails.​
  5. Whisky : Le whisky est une autre boisson alcoolisée appréciée par certains consommateurs à Mayotte. Il existe une variété de marques et de types de whisky disponibles sur le marché.​

Il est important de noter que les préférences de consommation d’alcool peuvent varier d’une personne à l’autre, et cette liste n’est pas exhaustive. La disponibilité et la consommation d’alcool peuvent être fournies par des facteurs culturels, sociaux et individuels propres à la population de Mayotte.​

Les effets d’une consommation abusive d’alcool​

Une consommation excessive d’alcool peut entraîner divers risques pour la santé et le bien-être des individus. ​

  1. Problèmes de santé physique : La consommation excessive d’alcool peut causer des dommages au foie, tels que la cirrhose, l’hépatite alcoolique et la stéatose hépatique. Elle peut également augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, de problèmes digestifs, de troubles du système immunitaire, de cancers et d’autres conditions de santé graves.​
  2. Problèmes de santé mentale : L’alcool peut avoir un impact négatif sur la santé mentale. Une consommation excessive peut aggraver les symptômes de la dépression, de l’anxiété et d’autres troubles de l’humeur. De plus, l’alcool peut altérer le jugement et la prise de décision, ce qui peut entraîner des comportements à risque et des problèmes sociaux.​
  3. Dépendance et syndrome de sevrage : La consommation excessive et régulière d’alcool peut conduire à la dépendance, ce qui signifie que l’individu développe une tolérance à l’alcool et ressent le besoin compulsif d’en consommer. L’arrêt brutal de la consommation d’alcool peut entraîner un syndrome de sevrage, caractérisé par des symptômes physiques et mentaux désagréables tels que tremblements, anxiété, insomnie, hallucinations et convulsions.​
  4. Accidents et comportements à risque : L’alcool altère les capacités cognitives et motrices, ce qui augmente le risque d’accidents de la route, de chutes, d’agressions, de comportements sexuels à risque et d’autres situations dangereuses.​
  5. Problèmes sociaux et relationnels : Une consommation excessive d’alcool peut entraîner des problèmes dans les relations interpersonnelles, tels que conflits familiaux, rupture amoureuse, isolement social et difficultés professionnelles. L’alcoolisme peut également avoir un impact négatif sur la vie sociale, les loisirs et les activités quotidiennes.​

Les recommandations de consommation​

Les risques peuvent varier en fonction de la quantité d’alcool consommée, de la fréquence de la consommation et des caractéristiques individuelles. Il est recommandé de consommer de l’alcool de manière efficace et responsable, voire de l’éviter complètement, afin de prévenir les risques pour la santé et le bien-être.​

  1. Limitez votre consommation : Il est recommandé de limiter la consommation d’alcool. Pour les adultes en bonne santé, les directives généralement acceptées ne dépassent pas un certain nombre d’unités d’alcool par jour ou par semaine.​
  2. Consommation restreinte : Une consommation restreinte d’alcool est généralement considérée comme plus sûre. Cela signifie que les hommes ne devraient pas dépasser 2 à 3 unités d’alcool par jour, et les femmes devraient se limiter à 1 à 2 unités d’alcool par jour.​
  3. Jours sans alcool : Il est recommandé de prévoir des jours sans consommation d’alcool au cours de la semaine pour permettre au corps de se reposer et de récupérer.​
  4. Évitez la consommation excessive : Il est important de ne pas boire de manière excessive en une seule occasion. Cela peut être défini comme dépassant un certain nombre d’unités d’alcool en une seule séance, ce qui peut entraîner des risques pour la santé et des comportements à risque.​
  5. Adaptation aux conditions de santé : Si vous avez des problèmes de santé, prenez des médicaments ou si vous êtes enceinte, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé pour obtenir des conseils spécifiques sur la consommation d’alcool. Dans certains cas, il peut être conseillé d’éviter complètement la consommation d’alcool.​

Il est important de noter que ces recommandations sont générales et peuvent varier en fonction de facteurs individuels tels que l’état de santé, la tolérance à l’alcool, l’âge et d’autres circonstances. Il est essentiel d’adopter une approche responsable de la consommation d’alcool et de connaître vos propres limites. Si vous avez des préoccupations concernant votre consommation d’alcool, il est conseillé de consulter un professionnel de la santé spécialisé dans les problèmes liés à l’alcool​

En soirée, adoptez les bons réflexes!​

  • Fixez à l’avance le nombre de verres d’alcool que vous allez boire ; ​
  • Ne buvez pas trop vite et mangez régulièrement pendant la soirée ; ​
  • Buvez aussi des boissons non alcoolisées et de l’eau, pour contrer l’envie d’absorber toujours plus d’alcool ; ​

Sortir d’une dépendance à l’alcool​

  1. Reconnaître et accepter la dépendance : Il est important de faire preuve d’honnêteté envers vous-même et de reconnaître les conséquences négatives de la consommation excessive d’alcool dans votre vie.​
  2. Demander de l’aide professionnelle : Vous pouvez consulter un médecin, un psychiatre, un psychologue ou un conseiller spécialisé dans les problèmes liés à l’alcool. Ils pourront évaluer votre situation, vous fournir des conseils adaptés et vous orienter vers les meilleures ressources disponibles.​
  3. Établir un plan de traitement : En travaillant avec un professionnel de la santé, vous pourrez élaborer un plan de traitement personnalisé pour surmonter la dépendance à l’alcool (thérapie individuelle, thérapie de groupe, programmes de désintoxication, médication (si nécessaire) et autres interventions thérapeutiques).​
  4. Trouver un soutien social : Recherchez des groupes de soutien tels que les Alcooliques Anonymes (AA) ou d’autres programmes similaires. Ces groupes offrent un environnement sûr où vous pouvez partager vos expériences, obtenir des conseils et trouver du soutien auprès de personnes qui comprennent ce que vous traversez.​
  5. Adopter un mode de vie sain : Pour vous aider à rester sobre, il est important d’adopter un mode de vie sain. Cela comprend de manger équilibré, de faire de l’exercice régulièrement, de maintenir une bonne hygiène de sommeil et de trouver des activités positives qui vous procurent du plaisir et vous aident à vous détendre sans favoriser à l’alcool.​
  6. Éviter les déclencheurs et les situations à risque : Identifiez les déclencheurs et les situations que vous poussent à consommer de l’alcool et évitez-les autant que possible. Cela peut inclure les lieux, les personnes ou les événements qui sont associés à votre consommation excessive d’alcool.​
  7. Prendre soin de votre santé mentale : La dépendance à l’alcool est souvent liée à des problèmes de santé mentale sous-jacents. Assurez-vous de prendre soin de votre santé mentale en recherchant un soutien professionnel, en pratiquant des techniques de gestion du stress et en présentant des activités qui possèdent votre bien-être émotionnel.​

Il est important de faire preuve de patience, de persévérance et de s’entourer d’un soutien positif pour réussir à vaincre la dépendance à l’alcool.​

Temps d’échange et de réflexion​

Si vous êtes en groupe, nous vous proposons un exercice pratique qui favorisera la réflexion personnelle et la discussion.​

Chaque participant parle de son passe-temps favori qui peut être une option à la consommation d’alcool et procurer autant voire davantage de plaisir. ​

Ensuite il sera important qu’un adulte questionne les jeunes sur ce qu’ils ont compris du sujet et recueille leur avis sur la question de l’alcool à Mayotte. ​

Pour aller plus loin​

  • Réduire les risques liés à la consommation d’alcool​

https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/alcool/articles/comment-reduire-les-risques-de-la-consommation-d-alcool#:~:text=Ces%20m%C3%AAmes%20experts%20recommandent%20d,et%20les%20activit%C3%A9s%20%C3%A0%20risque​

  • Les repères de consommation d’alcool​

Séance 3 : Le tabac et le cannabis chez les jeunes à Mayotte

Définitions et causes de la dépendance au tabac et au cannabis​

Qu’est-ce que le tabac? Le tabac est une plante (Nicotiana tabacum et Nicotiana rustica) qui contient de la nicotine, une drogue qui entraine une dépendance et effets à la fois stimulant et dépresseurs. ​

L’addiction au tabagisme trouve l’une de ses causes dans la présence de nicotine, une substance naturellement présente dans la plante de tabac et présente dans tous les produits du tabac. La nicotine est responsable de la dépendance physique associée au tabagisme.​

Plusieurs facteurs contribuent à cette dépendance, tels que la perte de motivation, les souvenirs de plaisir liés à la cigarette (qu’ils soient physiques ou psychologiques), le stress, la dépression et l’environnement familial ou socioprofessionnel. Souvent, l’influence de l’entourage joue un rôle prépondérant. Cela peut être lié au phénomène de mimétisme, où une personne imite les comportements des autres membres d’un groupe pour y appartenir, ainsi qu’à l’ennui. La famille peut également être un facteur contribuant à l’addiction au tabagisme.​

Qu’est-ce que le cannabis? La cannabis est une drogue illégale dans de nombreux pays dont la France ; parfois considérée comme une drogue douce, elle se présente sous la forme de feuilles séchées ; les feuilles sont fumées ou mâchées provoquant une euphorie.​


L’addiction au cannabis résulte de divers facteurs interagissant entre eux. La présence de composants chimiques tels que le THC dans le cannabis contribue à la dépendance, en créant des effets psychotropes et une sensation de bien-être. Des facteurs génétiques peuvent également jouer un rôle, certains individus étant plus prédisposés à développer une dépendance au cannabis en raison de variations génétiques. Les facteurs environnementaux, tels que l’exposition précoce au cannabis, l’accès facile à la substance, la pression sociale et d’autres influences, ainsi que les besoins de régulation émotionnelle peuvent également influencer le développement de l’addiction au cannabis. Il est important de noter que chaque personne est différente et que l’addiction au cannabis varie d’une personne à l’autre en fonction de ces différents facteurs.​

Les effets de la consommation de tabac​

La consommation de tabac chez les jeunes peut avoir de nombreux effets néfastes sur leur santé physique et mentale. Voici quelques-uns des effets courants de la consommation de tabac chez les jeunes :​

  1. Problèmes de santé : Le tabac contient de nombreuses substances toxiques, notamment la nicotine, le goudron et les produits chimiques cancérigènes. La consommation de tabac chez les jeunes peut entraîner des problèmes de santé à long terme tels que des maladies cardiovasculaires, des problèmes respiratoires, des cancers, des troubles pulmonaires et des problèmes dentaires.​
  2. Dépendance : La nicotine présente dans le tabac est hautement addictive. Les jeunes qui commencent à fumer peuvent rapidement développer une dépendance physique et psychologique au tabac, ce qui rend difficile l’arrêt de la consommation.​
  3. Impact sur la croissance et le développement : La consommation de tabac pendant l’adolescence peut entraver la croissance et le développement normal des jeunes. Cela peut affecter la santé pulmonaire, la fonction cérébrale, le développement cognitif, ainsi que l’acquisition de compétences sociales et émotionnelles.​
  4. Risques psychologiques : Les jeunes fumeurs ont un risque plus élevé de développer des problèmes de santé mentale tels que l’anxiété, la dépression et les troubles de l’humeur. Le tabagisme peut également aggraver les symptômes chez ceux qui sont déjà atteints de troubles mentaux.​
  5. Impact social : La consommation de tabac peut avoir des conséquences sociales négatives chez les jeunes, tels que l’isolement social, la stigmatisation et le rejet par les pairs, ainsi que des problèmes d’estime de soi.​

Il est important de sensibiliser les jeunes aux dangers du tabac et de promouvoir des modes de vie sains, non-fumeurs, afin de réduire les risques associés à la consommation de tabac dès le plus jeune âge.​

Les effets de la consommation de cannabis​

La consommation de cannabis chez les jeunes peut avoir des effets néfastes sur leur santé et leur développement. Voici quelques-uns des effets courants de la consommation de cannabis chez les jeunes :​

  1. Développement cérébral altéré : Le cerveau des adolescents est encore en développement, et la consommation de cannabis peut perturber ce processus. L’exposition au cannabis pendant l’adolescence peut entraîner des altérations du fonctionnement cérébral, notamment des problèmes de mémoire, d’attention, de prise de décision et de résolution de problèmes.​
  2. Risques accrus de troubles psychiatriques : Les jeunes consommateurs de cannabis sont plus susceptibles de développer des problèmes de santé mentale tels que la dépression, l’anxiété, les troubles bipolaires et la schizophrénie. Il existe une corrélation entre la consommation de cannabis pendant l’adolescence et l’augmentation du risque de développer ces troubles psychiatriques.​
  3. Performance scolaire réduite : La consommation de cannabis peut affecter les capacités cognitives des jeunes, ce qui peut entraîner une baisse des performances scolaires. Des difficultés d’apprentissage, une baisse de la motivation et de la concentration peuvent survenir, ce qui peut avoir un impact à long terme sur leurs perspectives éducatives et professionnelles.​
  4. Risques pour la santé physique : La consommation de cannabis peut également avoir des effets néfastes sur la santé physique des jeunes. Cela peut inclure des problèmes respiratoires tels que la bronchite, l’augmentation du risque de maladies cardiovasculaires et les effets négatifs sur le système immunitaire.​
  5. Risques accrus de dépendance : Les jeunes sont particulièrement vulnérables à développer une dépendance au cannabis en raison de leur cerveau en développement. La consommation régulière de cannabis à un jeune âge augmente le risque de dépendance et peut entraîner des difficultés à contrôler la consommation de cannabis à l’avenir.​

Il est essentiel de sensibiliser les jeunes aux risques associés à la consommation de cannabis et de promouvoir des comportements sains et des choix de vie non liés à la consommation de drogues.​

Sortir d’une dépendance au tabac ou au cannabis​

Pour les jeunes qui souhaitent arrêter de fumer, voici quelques moyens et conseils spécifiques :​

  1. Éducation et prise de conscience : Informez-vous sur les dangers du tabagisme ou du cannabis et les effets néfastes sur la santé. Comprenez les risques spécifiques pour les jeunes, tels que l’impact sur la croissance, le développement cérébral et les performances scolaires. Une bonne connaissance des conséquences peut renforcer votre motivation à arrêter de fumer.​
  2. Fixer des objectifs clairs : Définissez des objectifs réalistes et mesurables pour arrêter de fumer. Il peut s’agir de réduire progressivement la consommation, de choisir une date précise pour arrêter complètement ou d’adopter une approche d’arrêt immédiat.​
  3. Chercher du soutien : Parlez à votre entourage, à vos amis et à votre famille de votre décision d’arrêter de fumer. Obtenez leur soutien et encouragement dans votre démarche. Si possible, trouvez d’autres jeunes qui cherchent également à arrêter de fumer et formez un groupe de soutien.​
  4. Utiliser des ressources en ligne et des applications : De nombreuses ressources en ligne et applications mobiles sont disponibles pour aider les jeunes à arrêter de fumer. Elles peuvent fournir des conseils, des outils de suivi, des rappels et des informations utiles pour soutenir votre parcours d’arrêt.​
  5. Faire face aux déclencheurs : Identifiez les situations, les lieux ou les moments spécifiques qui vous poussent à fumer, tels que le stress, les pauses entre les cours ou les interactions sociales. Trouvez des moyens sains de faire face à ces déclencheurs, comme l’exercice physique, la relaxation, la pratique d’un hobby ou le soutien social.​
  6. Impliquer un professionnel de la santé : Si vous avez du mal à arrêter de fumer par vous-même, consultez un professionnel de la santé spécialisé dans le sevrage tabagique ou cannabis. Ils peuvent vous offrir un soutien personnalisé, vous prescrire des médicaments appropriés si nécessaire, ou vous orienter vers des programmes de sevrage spécifiques pour les jeunes.​
  7. Restez persévérant : L’arrêt du tabac ou du cannabis peut être un processus difficile, mais restez persévérant. Soyez indulgent envers vous-même en cas de rechute et utilisez ces expériences comme des opportunités d’apprentissage pour ajuster votre approche et continuer à progresser vers un mode de vie sans tabac ou sans cannabis.​

Rappelez-vous que chaque personne est différente, et il peut être utile de trouver les méthodes et les approches qui vous conviennent le mieux. N’hésitez pas à demander de l’aide et à rester motivé tout au long de votre parcours d’arrêt.​

Choisissez une façon d’arrêter de fumer adaptée. Retrouvez des informations et des conseils ainsi qu’un suivi au 39 89 ​

Temps d’échange et de réflexion​

Tabac – Exercice jeu de rôle ​

Un groupe de 3 jeunes sont en train de fumer, et un autre groupe de 3 jeunes, en improvisation doivent les convaincre de jeter leur cigarette. Ensuite toute l’assemblée débat sur leurs arguments et ce qu’ils auraient pu rajouter.  ​

Cannabis – Exercice doutes et certitudes​

Echange en petits groupes sur leurs certitudes et leurs doutes au sujet du cannabis à Mayotte, puis partage avec l’assemblée. ​

Pour aller plus loin​

Enquête sur la consommation  de substances psychoactives à Mayotte : https://www.santepubliquefrance.fr/regions/ocean-indien/documents/enquetes-etudes/2022/consommation-de-substances-psychoactives-a-mayotte.-resultats-de-l-enquete-de-sante-unono-wa-maore-2019

Site arrêt du tabac : https://www.tabac-info-service.fr/j-arrete-de-fumer

Guide d’aide à l’arrêt du cannabis : https://www.drogues-info-service.fr/A-lire-a-voir/Notices/Guide-d-aide-a-l-arret-du-cannabis

Informations sur le tabac:​

Informations sur le cannabis: https://www.youtube.com/watch?v=imD2eJVALH8&ab_channel=C%27estpassorcier

Séance 4 : La consommation de chimik à Mayotte

Définition de la chimik​

La Chimik ou la mangrove est une drogue de synthèse qui a vu le jour sur notre île en 2011 et fait des ravages à Mayotte. Ce produit se présente sous forme de poudre blanche, dont les composants ne sont pas répertoriés dans la liste des produits stupéfiants. Les forces de l’ordre sont donc impuissantes à interdire ces produits ce qui en fait un danger encore plus grand. La poudre, achetée sur internet et envoyé sur l’ile, est diluée, souvent dans de l’alcool, avant d’être mélangée à du tabac. Le tout est séché et fumé. ​

Cette drogue rend ses consommateurs dépendants très rapidement et fait des ravages au sein de la jeunesse mahoraises. Cette drogue est bien plus dangereuse que le cannabis. La dépendance physique arrive bien plus rapidement, parfois en moins d’un an. Deux décès récents sont suspectés d’être liés à cette drogue, mais il n’y a pas eu d’autopsie permettant de le prouver.​

Finalement, nous avons très peu d’informations sur cette drogue et sa composition. ​

« 19 % des patients allaient consulter pour la « chimik« , juste après l’alcool et le tabac. En 2015, nous avions comptabilisé 54 cas. Les patients sont presque exclusivement des hommes, plutôt jeunes, entre 12 et 30 ans. Le plus jeune avait 9 ans, il avait commencé à fumer à 8 ans… Les premiers cas sont arrivés dans notre service en 2013 et le phénomène a explosé en 2015. Des cas de consommation de ce produit étaient alors recensés un peu partout dans les collèges et lycées. »

Docteur Youssouf médecin au service addictologie du CHM en 2015,

Les causes et effets de la consommation de « chimik »​

Pourquoi ces jeunes se droguent-ils ? On remarque qu’il y a toujours une précarité sociale, un désinvestissement de la famille. Le facteur qui favorise le plus l’addiction c’est le chômage, très élevé à Mayotte (27,1 % en 2016, 49 % chez les jeunes).​

Les jeunes ne voient pas d’issue, il y a énormément de déception. Les addictions interviennent parce qu’on n’est pas bien, on veut fuir quelque chose, il y a une certaine forme de rage aussi. Les parcours de ces adolescents sont souvent compliqués. Et la « chimik » est un produit banal, disponible. C’est très facile de s’en procurer.​

La consommation ou la violence sont les symptômes des problèmes sociaux locaux. À Mayotte, il y a énormément de jeunes – environ 60 % de la population a moins de 25 ans – et les infrastructures pour les encadrer sont insuffisantes. Il n’y a pas assez de professeurs et de places dans les collèges et lycées. L’éducation nationale fait de son mieux, mais les niveaux sont hétérogènes et les besoins énormes. L’associatif vient combler un vide.​

Plusieurs vidéos publiées sur Facebook et YouTube ces dernières années montrent des personnes très mal en point, souvent complètement amorphes. Allongées en pleine rue, elles sont présentées par les internautes mahorais comme des drogués sous l’emprise de la « chimik ». Toutes les personnes filmées présentent plus ou moins les mêmes symptômes : hagardes, semblant ne plus maîtriser leur corps, bavant parfois, ou sinon complètement amorphes ou somnolentes, allongées et immobiles sur le sol.​

« Les consommateurs recherchent un sentiment de bien-être, d’euphorie. Ils veulent oublier leurs soucis. Mais, souvent, la personne reste en fait hébétée, comme un zombie. Parfois, des effets d’agitation, de paranoïa, de désinhibition, d’anxiété et de panique apparaissent. » Dr. Ali Mohammed Youssouf​

Les effets secondaires sont multiples et indéterminables à l’avance : crises d’épilepsie, pertes de connaissance, insuffisances rénales et cardiaques, états hallucinatoires importants durant lesquels les gens se mettent en danger, et peuvent essayer de traverser une route sans regarder s’il y a des voitures par exemple.​

Sortir d’une dépendance à la chimik​

Finalement, le parcours pour sortir d’une dépendance à la chimik n’est pas différent que pour une dépendant au cannabis ou au tabac. Pour rappel: ​

  1. Éducation et prise de conscience : Informez-vous sur les dangers de la chimik et les effets néfastes sur la santé. Comprenez les risques spécifiques pour les jeunes. Une bonne connaissance des conséquences peut renforcer votre motivation à arrêter de fumer.​
  2. Fixer des objectifs clairs : Définissez des objectifs réalistes et mesurables pour arrêter de fumer. Il peut s’agir de réduire progressivement la consommation, de choisir une date précise pour arrêter complètement ou d’adopter une approche d’arrêt immédiat.​
  3. Chercher du soutien : Parlez à votre entourage, à vos amis et à votre famille de votre décision d’arrêter de fumer. Obtenez leur soutien et encouragement dans votre démarche. Si possible, trouvez d’autres jeunes qui cherchent également à arrêter de fumer et formez un groupe de soutien.​
  4. Utiliser des ressources en ligne et des applications : De nombreuses ressources en ligne et applications mobiles sont disponibles pour aider les jeunes à arrêter de fumer. Elles peuvent fournir des conseils, des outils de suivi, des rappels et des informations utiles pour soutenir votre parcours d’arrêt.​
  5. Faire face aux déclencheurs : Identifiez les situations, les lieux ou les moments spécifiques qui vous poussent à fumer, tels que le stress, les pauses entre les cours ou les interactions sociales. Trouvez des moyens sains de faire face à ces déclencheurs, comme l’exercice physique, la relaxation, la pratique d’un hobby ou le soutien social.​
  6. Impliquer un professionnel de la santé : Si vous avez du mal à arrêter de fumer par vous-même, consultez un professionnel de la santé spécialisé dans le sevrage de la chimik. Ils peuvent vous offrir un soutien personnalisé, vous prescrire des médicaments appropriés si nécessaire, ou vous orienter vers des programmes de sevrage spécifiques pour les jeunes.​
  7. Restez persévérant : L’arrêt de la chimik peut être un processus difficile, mais restez persévérant. Soyez indulgent envers vous-même en cas de rechute et utilisez ces expériences comme des opportunités d’apprentissage pour ajuster votre approche et continuer à progresser vers un mode de vie sans chimik.​

Rappelez-vous que chaque personne est différente, et il peut être utile de trouver les méthodes et les approches qui vous conviennent le mieux. N’hésitez pas à demander de l’aide et à rester motivé tout au long de votre parcours d’arrêt.​

Temps d’échange et de réflexion​

Vrai ou faux : une série d’affirmation sur ce qui a été dit précédemment, et à main levée les jeunes doivent dire si c’est vrai ou faux. A la fin de l’exercice, échange sur ce que cela leur a appris et les questions qu’ils se posent. ​

Exemple:​

  • La consommation de Chimik est illégale à Mayotte. Vrai ou faux?​
  • La chimik est principalement consommée par la population jeune. Vrai ou faux?​
  • Après avoir consommé la chimik, on peut avoir l’impression d’être hagard, somnolent. Vrai ou faux?​
  • La Chimik ne présente aucun danger pour la santé à long terme. Vrai ou faux?​
  • Il n’y a aucun moyen de sortir d’une dépendance à la chimik. Vai ou faux?​

Pour aller plus loin​

Séance 5 : Les écrans chez les jeunes à Mayotte

Définition de l’addiction aux écrans ?

L’addiction aux écrans, également connue sous le nom de dépendance aux écrans, fait référence à un comportement compulsif et excessif lié à l’utilisation des dispositifs électroniques tels que les smartphones, les tablettes, les ordinateurs, les télévisions et les jeux vidéo. C’est une forme d’addiction comportementale qui se caractérise par une perte de contrôle sur l’utilisation des écrans, des difficultés à limiter ou à arrêter leur utilisation, et une préoccupation excessive pour les écrans au détriment d’autres activités et responsabilités.​

Les symptômes courants de l’addiction aux écrans comprennent :​

  1. Une utilisation excessive des écrans, souvent au détriment du temps consacré à d’autres activités importantes telles que les études, le travail, les relations sociales ou les loisirs.​
  2. Une préoccupation constante pour les écrans, avec une forte envie ou besoin irrépressible de les utiliser.​
  3. Une difficulté à contrôler ou à limiter le temps passé devant les écrans, malgré les conséquences négatives sur la santé, les relations ou les performances scolaires ou professionnelles.​
  4. Des symptômes de sevrage lorsque l’utilisation des écrans est réduite ou interrompue, tels que l’irritabilité, l’anxiété, la dépression, l’agitation ou l’insomnie.​
  5. Une diminution de l’intérêt pour d’autres activités hors ligne, une négligence des responsabilités et des obligations, ainsi que des difficultés à maintenir des relations sociales en raison de l’utilisation excessive des écrans.​

Il convient de noter que l’addiction aux écrans n’est pas encore officiellement reconnue comme un trouble clinique distinct dans les classifications diagnostiques, mais elle est largement reconnue comme un problème de santé mentale et de comportement qui peut avoir des conséquences négatives sur la vie quotidienne, le bien-être émotionnel et les relations sociales.​​

Les causes de l’addiction aux écrans​

Les causes de l’addiction aux écrans chez les jeunes peuvent inclure les éléments suivants :​

  1. Accessibilité et omniprésence des écrans : Les jeunes sont constamment entourés de dispositifs électroniques tels que les smartphones, les tablettes et les ordinateurs, ce qui rend les écrans facilement accessibles et disponibles à tout moment.​
  2. Contenu attractif et stimulant : Les écrans offrent une multitude d’activités attrayantes et stimulantes, comme les jeux vidéo, les réseaux sociaux, le streaming de vidéos, les applications interactives, etc. Ces activités sont conçues pour captiver l’attention des jeunes et les inciter à passer de plus en plus de temps devant les écrans.​
  3. Gratification instantanée : Les interactions sur les écrans, telles que les likes, les commentaires et les récompenses virtuelles, offrent une gratification instantanée et renforcent le comportement d’utilisation des écrans. Les jeunes peuvent rechercher ces gratifications et chercher constamment à les obtenir.​
  4. Besoin de connexion sociale : Les réseaux sociaux et les plateformes de communication en ligne sont souvent utilisés par les jeunes pour se connecter avec leurs pairs et maintenir des relations sociales. Le besoin de rester connecté et d’être au courant de ce qui se passe dans leur cercle social peut contribuer à une utilisation excessive des écrans.​
  5. Échappatoire et gestion du stress : Les écrans peuvent servir de mécanisme d’échappatoire ou de distraction face au stress, à l’ennui ou à d’autres problèmes émotionnels. Les jeunes peuvent utiliser les écrans comme moyen de se divertir, de se relaxer ou de faire face à leurs émotions, ce qui peut conduire à une utilisation excessive et à une dépendance.​
  6. Influence sociale et pression des pairs : L’influence des pairs peut jouer un rôle important dans l’addiction aux écrans chez les jeunes. La pression sociale pour être connecté, suivre les tendances en ligne et participer aux activités numériques peut contribuer à une utilisation excessive des écrans.​

Il est important de noter que chaque individu est unique et que les causes de l’addiction aux écrans peuvent varier d’une personne à l’autre. Un ensemble complexe de facteurs individuels, sociaux et environnementaux peut interagir pour influencer l’addiction aux écrans chez les jeunes.​

Les effets de l’addiction aux écrans​

L’addiction aux écrans chez les jeunes peut avoir divers effets négatifs sur leur santé et leur bien-être. Voici quelques-uns des effets courants de l’addiction aux écrans chez les jeunes :​

  1. Impact sur la santé physique : Une utilisation excessive des écrans peut entraîner un mode de vie sédentaire, ce qui peut contribuer à l’obésité et à des problèmes de santé associés, tels que les troubles métaboliques, les maladies cardiovasculaires et les troubles musculo-squelettiques. De plus, une exposition prolongée à la lumière bleue émise par les écrans peut perturber le sommeil et entraîner des problèmes de sommeil.​
  2. Perturbation des fonctions cognitives : Une utilisation excessive des écrans peut avoir un impact négatif sur les fonctions cognitives des jeunes, notamment la mémoire, l’attention, la concentration et les capacités d’apprentissage. Cela peut entraîner une baisse des performances scolaires et des difficultés d’apprentissage.​
  3. Problèmes de santé mentale : L’addiction aux écrans est associée à un risque accru de développer des problèmes de santé mentale chez les jeunes, tels que la dépression, l’anxiété, l’isolement social et les troubles de l’estime de soi. L’utilisation excessive des écrans peut également aggraver les symptômes chez les jeunes déjà atteints de troubles mentaux préexistants.​
  4. Difficultés sociales et relationnelles : Une utilisation excessive des écrans peut entraîner un retrait social et une diminution des interactions face à face avec les pairs, la famille et les amis. Cela peut affecter les compétences sociales, la communication interpersonnelle et la capacité à établir des relations saines.​
  5. Impact sur le développement émotionnel : L’addiction aux écrans peut perturber le développement émotionnel des jeunes en interférant avec leur capacité à réguler les émotions et à faire face au stress de manière saine. Cela peut contribuer à l’anxiété, à l’irritabilité et à des problèmes de gestion des émotions.​
  6. Altération de la qualité de vie globale : Une utilisation excessive des écrans peut entraîner une détérioration de la qualité de vie globale des jeunes en raison de la négligence des responsabilités, de la diminution de l’engagement dans des activités enrichissantes et de la perte de temps précieux qui pourrait être consacré à des activités plus bénéfiques.​

Les bons comportements à avoir face aux écrans​

Voici quelques bons comportements que les jeunes peuvent adopter face aux écrans pour une utilisation saine et équilibrée :​

  1. Établir des limites de temps d’écran : Fixez des limites claires quant au temps passé devant les écrans. Il est recommandé de respecter les recommandations des experts en limitant le temps d’écran à des niveaux appropriés pour l’âge et en évitant une utilisation excessive.​
  2. Pratiquer des pauses régulières : Encouragez les jeunes à faire des pauses fréquentes lorsqu’ils utilisent des écrans, en particulier lors de sessions prolongées. Les pauses permettent de reposer les yeux, de prévenir la fatigue et de favoriser une utilisation plus consciente des écrans.​
  3. Diversifier les activités : Encouragez les jeunes à s’engager dans une variété d’activités hors écran, telles que les sports, les activités artistiques, la lecture, les jeux de société, les loisirs créatifs et les interactions sociales en personne. Cela favorise un équilibre entre les écrans et d’autres aspects importants de la vie.​
  4. Établir des règles de la chambre à coucher : Évitez d’avoir des dispositifs électroniques dans la chambre à coucher pendant la nuit. Cela favorise un sommeil de qualité et prévient la tentation d’utiliser les écrans tard le soir, ce qui peut perturber le sommeil.​
  5. Utiliser les outils de contrôle parental : Les parents peuvent utiliser des outils de contrôle parental pour établir des limites, surveiller et gérer l’utilisation des écrans par leurs enfants. Ces outils permettent de réguler le contenu accessible et d’assurer une utilisation appropriée des écrans.​
  6. Pratiquer la modération : Encouragez les jeunes à faire preuve de modération dans leur utilisation des écrans. Cela signifie éviter de se laisser emporter par une utilisation excessive et compulsive des écrans, en faisant preuve d’autodiscipline et en privilégiant une utilisation équilibrée.​
  7. Favoriser les interactions sociales en personne : Encouragez les jeunes à privilégier les interactions sociales réelles avec leurs pairs, leur famille et leurs amis plutôt que de se limiter à des interactions virtuelles. Les moments de connexion réelle favorisent le développement des compétences sociales et renforcent les liens interpersonnels.​
  8. Sensibiliser à l’impact de l’utilisation des écrans : Discutez avec les jeunes des conséquences potentielles d’une utilisation excessive des écrans, notamment sur la santé, les performances scolaires, les relations sociales et le bien-être mental. Une prise de conscience de ces effets peut aider à adopter des comportements plus sains face aux écrans.​

En encourageant ces bons comportements, les jeunes peuvent développer une utilisation responsable et équilibrée des écrans, favorisant ainsi leur bien-être global.​

Temps d’échange et de réflexion​

Exercice le débat : diviser l’assemblée en 2, une partie pour l’utilisation d’écrans et de jeux vidéo et une partie contre, chaque groupe devra donner à tour de rôle un argument, puis échange guidé par un adulte. ​

Pour aller plus loin​

Les adolescents face aux écrans: ​

Désintoxiquer son adolescent des écrans : ​

Guide et conseils en cas de surexposition aux écrans : https://e-enfance.org/informer/surexposition-aux-ecrans/?gclid=CjwKCAjwzJmlBhBBEiwAEJyLu-_mtYjCp08FTUFmVd6lbeMvLFAB9tAw-neP1oRfaBjQakqDF54_dBoCa6oQAvD_BwE

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Séance 6 : Le sucre, une autre forme d’addiction

Pourquoi parle-t-on d’addiction au sucre​

L’addiction au sucre chez les jeunes se réfère à un schéma de comportement compulsif et irrésistible lié à la consommation excessive et répétée d’aliments riches en sucre. Cela se manifeste par des envies intenses et une perte de contrôle face à la consommation de sucre, malgré la connaissance des conséquences négatives sur la santé.​

L’addiction au sucre chez les jeunes présente des similitudes avec d’autres formes d’addiction, notamment l’activation du système de récompense dans le cerveau, la tolérance croissante nécessitant une consommation plus importante pour ressentir le même effet, et des symptômes de sevrage lors de la réduction ou de l’arrêt de la consommation de sucre.​

Les signes et symptômes courants de l’addiction au sucre chez les jeunes peuvent inclure des envies fréquentes de sucreries, une difficulté à contrôler la consommation de sucre, une préoccupation excessive pour les aliments sucrés, une consommation excessive de sucre malgré les conséquences négatives sur la santé, et une détresse émotionnelle liée à la consommation de sucre.​

Les causes de la surconsommation de sucre​

La surconsommation de sucre chez les jeunes peut avoir plusieurs causes. Voici quelques-unes des causes courantes de la surconsommation de sucre chez les jeunes :​

  1. Publicité et marketing : Les jeunes sont souvent exposés à des publicités attrayantes et à des stratégies de marketing visant à promouvoir des aliments et des boissons riches en sucre. Ces publicités peuvent influencer les préférences alimentaires des jeunes et les inciter à choisir des aliments sucrés.​
  2. Disponibilité des aliments sucrés : Les aliments riches en sucre sont largement disponibles et facilement accessibles, que ce soit à l’école, dans les supermarchés, dans les restaurants ou à la maison. La disponibilité constante d’aliments sucrés peut inciter les jeunes à en consommer plus fréquemment.​
  3. Préférences gustatives : Les jeunes ont souvent une préférence naturelle pour les aliments sucrés en raison de leurs papilles gustatives moins développées. Ils peuvent être plus attirés par le goût sucré et avoir du mal à résister aux aliments sucrés.​
  4. Influence sociale et pairs : Les choix alimentaires des jeunes peuvent être influencés par leurs pairs et leur environnement social. Si les amis ou la famille consomment régulièrement des aliments sucrés, cela peut encourager les jeunes à faire de même.​
  5. Confort émotionnel : Certains jeunes peuvent utiliser des aliments sucrés comme source de réconfort émotionnel. Le sucre peut déclencher la libération de neurotransmetteurs tels que la dopamine, qui peut procurer une sensation de plaisir et de soulagement du stress.​
  6. Habitudes familiales : Les habitudes alimentaires et les choix des parents peuvent également influencer la surconsommation de sucre chez les jeunes. Si les parents consomment fréquemment des aliments sucrés ou ne limitent pas l’accès aux aliments sucrés à la maison, cela peut encourager les jeunes à en consommer davantage.​
  7. Commodité et alimentation rapide : Les aliments sucrés, tels que les boissons gazeuses, les collations sucrées et les aliments transformés, sont souvent pratiques et faciles à consommer rapidement. Les jeunes peuvent opter pour ces options en raison de leur commodité et de leur disponibilité.​

Les sucres les plus consommés à Mayotte​

À Mayotte, certains produits sucrés sont particulièrement populaires et consommés de manière courante. Voici quelques-uns des produits sucrés les plus consommés à Mayotte :​

  1. Bonbons et confiseries : Les bonbons et confiseries variés, tels que les chewing-gums, les caramels, les sucettes et les guimauves, sont très appréciés par les habitants de Mayotte, en particulier par les jeunes.​
  2. Gâteaux et pâtisseries : Les gâteaux, les biscuits et les pâtisseries sucrées sont également consommés fréquemment à Mayotte. On retrouve des préparations locales ainsi que des produits importés qui sont appréciés lors des événements festifs et des célébrations.​
  3. Boissons sucrées : Les boissons sucrées, telles que les sodas, les jus de fruits industriels et les boissons énergisantes, sont populaires à Mayotte. Elles sont souvent consommées quotidiennement et peuvent contribuer à une consommation élevée de sucre ajouté.​
  4. Glaces et desserts glacés : Les glaces, les sorbets et les desserts glacés sont appréciés pour se rafraîchir, surtout en raison du climat chaud de Mayotte. Les jeunes et les adultes en consomment régulièrement, en particulier pendant les périodes estivales.​
  5. Produits de boulangerie sucrés : Les produits de boulangerie sucrés, tels que les pains sucrés, les brioches et les viennoiseries, sont également populaires à Mayotte. Ils sont souvent consommés au petit-déjeuner ou en collation.​
  6. Préparations traditionnelles sucrées : Mayotte a sa propre culture culinaire et propose des préparations traditionnelles sucrées. Celles-ci peuvent inclure des spécialités locales, des desserts à base de fruits tropicaux, du riz sucré, des beignets et d’autres créations sucrées typiques de la région.​

Les effets de la surconsommation de sucre​

La surconsommation de sucre chez les jeunes peut avoir plusieurs causes. Voici quelques-unes des causes courantes de la surconsommation de sucre chez les jeunes :​

  1. Publicité et marketing : Les jeunes sont souvent exposés à des publicités attrayantes et à des stratégies de marketing visant à promouvoir des aliments et des boissons riches en sucre. Ces publicités peuvent influencer les préférences alimentaires des jeunes et les inciter à choisir des aliments sucrés.​
  2. Disponibilité des aliments sucrés : Les aliments riches en sucre sont largement disponibles et facilement accessibles, que ce soit à l’école, dans les supermarchés, dans les restaurants ou à la maison. La disponibilité constante d’aliments sucrés peut inciter les jeunes à en consommer plus fréquemment.​
  3. Préférences gustatives : Les jeunes ont souvent une préférence naturelle pour les aliments sucrés en raison de leurs papilles gustatives moins développées. Ils peuvent être plus attirés par le goût sucré et avoir du mal à résister aux aliments sucrés.​
  4. Influence sociale et pairs : Les choix alimentaires des jeunes peuvent être influencés par leurs pairs et leur environnement social. Si les amis ou la famille consomment régulièrement des aliments sucrés, cela peut encourager les jeunes à faire de même.​
  5. Confort émotionnel : Certains jeunes peuvent utiliser des aliments sucrés comme source de réconfort émotionnel. Le sucre peut déclencher la libération de neurotransmetteurs tels que la dopamine, qui peut procurer une sensation de plaisir et de soulagement du stress.​
  6. Habitudes familiales : Les habitudes alimentaires et les choix des parents peuvent également influencer la surconsommation de sucre chez les jeunes. Si les parents consomment fréquemment des aliments sucrés ou ne limitent pas l’accès aux aliments sucrés à la maison, cela peut encourager les jeunes à en consommer davantage.​
  7. Commodité et alimentation rapide : Les aliments sucrés, tels que les boissons gazeuses, les collations sucrées et les aliments transformés, sont souvent pratiques et faciles à consommer rapidement. Les jeunes peuvent opter pour ces options en raison de leur commodité et de leur disponibilité.​

Les recommandations face au sucre​

La consommation de sucre ajouté devrait être limitée dans le cadre d’une alimentation saine. Voici quelques conseils pour une consommation modérée de sucre ajouté :​

  1. Lisez les étiquettes des aliments : Les étiquettes des aliments indiquent la quantité de sucre ajouté présente dans le produit. Apprenez à identifier les différents noms du sucre ajouté tels que le saccharose, le sirop de maïs à haute teneur en fructose, le dextrose, le sirop de glucose-fructose, etc. Choisissez des aliments avec une teneur en sucre ajouté la plus faible possible.​
  2. Limitez les boissons sucrées : Les boissons sucrées, comme les sodas, les jus de fruits et les boissons énergisantes, sont souvent riches en sucre ajouté. Optez plutôt pour de l’eau, de l’eau aromatisée sans sucre ajouté, des infusions de fruits ou du thé non sucré.​
  3. Privilégiez les aliments naturellement sucrés : Les fruits frais contiennent des sucres naturels ainsi que des fibres, des vitamines et des minéraux. Ils sont donc une option plus saine que les aliments riches en sucre ajouté. Privilégiez les fruits entiers plutôt que les jus de fruits, car ces derniers peuvent contenir des quantités plus élevées de sucre et moins de fibres.​
  4. Faites vos propres repas et collations : Préparez vos repas et collations à la maison autant que possible, afin de contrôler la quantité de sucre ajouté. Vous pouvez utiliser des alternatives au sucre, comme les édulcorants naturels tels que la stévia ou le sirop d’érable, en quantités modérées.​
  5. Limitez les aliments transformés : Les aliments transformés tels que les gâteaux, les biscuits, les barres chocolatées et les céréales sucrées sont généralement riches en sucre ajouté. Essayez de les limiter et optez pour des alternatives plus saines comme les noix, les graines, les yaourts nature ou les collations à base de légumes.​
  6. Pratiquez la modération : Si vous souhaitez consommer des aliments ou des desserts contenant du sucre ajouté, faites-le avec modération. Savourez-les en petites quantités et de manière occasionnelle plutôt que de les intégrer régulièrement dans votre alimentation.​
  7. Privilégiez une alimentation équilibrée : Une alimentation équilibrée, comprenant des légumes, des protéines maigres, des céréales complètes et des sources saines de matières grasses, contribue à réduire les envies de sucre et à maintenir un niveau d’énergie stable.​

En adoptant ces conseils, vous pouvez réduire votre consommation de sucre ajouté et favoriser une alimentation plus saine et équilibrée.​

La différence entre sucre lent et sucre rapide​

Ce qu’il faut regarder c’est  l’index glycémique du glucose : il mesure la vitesse d’absorption du sucre. S’il est inférieur à 50, on parle de glucides lents. S’il est supérieur à 70, ce sont des glucides rapides. ​

On doit consommer le sucre lent par ce qu’ils sont plus riches en fibres et se digèrent plus lentement. Ils sont donc plus rassasiants, ce qui signifie qu’ils constituent une bonne option pour le contrôle du poids. Ils sont également idéaux pour les personnes atteintes de diabète de type 2, car ils aident à gérer les pics de glycémie après les repas.​

Sucre rapide ​Sucre lent ​
​Le chocolat ​​Le pain ​
​Les confiserie ​​Les pâtes ​
​Le soda ​​Les pommes de terre ​
​Les glaces ​​Les céréales, riz, blé ​
​Les gâteaux ​​Les légume ​
​Les confitures ​​Les fruits ​
​Le miel ​​Le citron ​
​Raisin ​​Fruit à pain ​
​Banane très mûre ​​Manioc ​
​ ​​La mandarine ​
​ ​​La pastèque ​

Temps d’échange et de réflexion​

Exercice : questionner les jeunes sur les produits sucrés qu’ils consomment au quotidien.​

  • Quel est le produit sucré que vous consommez le pus ? Comment réagiriez-vous si vous deviez totalement le bannir pendant 1 semaine ? Ce serait difficile ou pas ?​
  • Est-ce que vous ressentez des effets négatifs du sucre sur vous, d’après tout ce qu’on vient de dire ?​
  • Comment pourriez-vous améliorer votre comportement face aux produits sucrés ? ​

Pour aller plus loin​

Site de recommandations et d’informations pour mieux manger et bouger plus: https://www.mangerbouger.fr/

Où se cache le sucre ?​

Les alternatives au sucre : ​

Audio

En conclusion

Mayotte Addict est un outil à disposition des CCAS, comités de jeunes et associations qui œuvrent dans le domaine social et médico-social auprès des jeunes, afin de toucher une autre partie de la jeunesse en décrochage scolaire. Pour la construction de notre programme, nous nous sommes mis en relation avec différents acteurs, susceptibles de nous apporter des informations sur la situation actuelle des jeunes mahorais face à ces addictions.